mai juin 03 - usine CFF vernayaz
La Belle Hélène d'Offenbach

L'oeuvre

Pâris, fils du roi de Troie, a désigné Vénus comme la plus belle des déesses. Celle-ci, pour le récompenser, lui promet l’amour de la plus belle femme du monde.

Acte I

L'amour semble avoir déserté Sparte. Hélène et ses compagnes se plaignent et souhaitent son retour.

Une colombe apporte au grand augure Calchas une lettre de Vénus. Ce message lui apprend qu'Hélène, la plus belle femme du monde, est promise à Pâris.

Celui-ci, déguisé en berger, arrive à Sparte pour obtenir les faveurs d'Hélène. Cette reine préside de grandes festivités. Pâris remporte un concours d'intelligence, puis dévoile sa véritable identité. Quant au grand augure Calchas, de connivence avec Pâris, il réclame le départ pour la Crète de Ménélas, l'époux d'Hélène.

Acte II

Hélène tente de résister à la fatalité. Elle explique à Pâris qu'elle ne peut l'aimer puisqu'elle est l'épouse de Ménélas. Pâris utilise la ruse. Il profite du sommeil de la reine pour l'approcher. Celle-ci croit à un rêve et se laisse charmer. C'est le moment que choisit Ménélas pour rentrer de son exil. Il surprend Hélène et Pâris en train de s'embrasser. Les rois de la Grèce, en état d'ébriété, refusent de partager le courroux du mari d'Hélène. Pâris profite de la confusion ambiante pour s'éclipser.

Acte III

A Nauplie, une station balnéaire à la mode, Hélène subit les reproches de Ménélas. La reine, en bonne épouse bourgeoise, essaie d'oublier son amourette. C'est sans compter sur Vénus, offensée par Ménélas qui a troublé ses plans. La déesse déchaîne une véritable épidémie d'infidélité conjugale dans le pays. Un augure de Vénus arrive à Sparte et conseille l'envoi d'Hélène à Cythère où elle devra accomplir un sacrifice pour apaiser la divinité. Hélène reconnaît Pâris sous son déguisement d'augure. Elle s'embarque avec lui pour Cythère, recevant la bénédiction de son époux et celle de la Grèce entière. Au moment du départ, Pâris se fait reconnaître et les deux amants s'enfuient. Les Rois grecs, ulcérés de s'être laissés berner, vont déclarer la guerre à Troie.

 

Le texte intégral de l'édition originale est consultable en ligne sur le site de la Bibliothèque nationale de France.

 

Biographie de Jacques Offenbach

Né à Cologne le 20 juin 1819 et mort à Paris le 5 octobre 1880.

Fils d'un Cantor de la synagogue de Cologne, Offenbach apprend le violoncelle avec sa mère. Il écrira ses premières pièces pour cet instrument. Envoyé par son père à Paris en 1833, il est engagé l'année suivante dans des orchestres d'opéra-comique. Ses premières tentatives dans le domaine de l'opérette restent sans succès (Pascal Chambord, 1839). On retrouve Offenbach chef d'orchestre à la Comédie-Française, où il anime les entractes. En 1855, il prend la direction d'un petit théâtre qu'il baptise Les Bouffes Parisiens. C'est là qu'il connaît ses premiers succès avec des opéras-comiques ou opéras bouffes en un acte. Il écrit 24 pièces de ce style en 3 ans.

Dans les années 1860, Offenbach se consacre à des oeuvres plus importantes qui assureront sa célébrité. Il fait appel à des librettistes dont la verve parodique se soucie peu de la vraisemblance de l'action, et laisse libre cours à son génie ironique et frondeur. De cette époque datent ses chefs-d'oeuvre, écrits sur des livrets d'Henri Meilhac et Ludovic Halévy : La Belle Hélène (1864), Barbe Bleue (1866), La Vie parisienne (1866), La Grande-duchesse de Gerolstein (1868), La Périchole (1868). Offenbach est alors au faîte de sa carrière, sa renommée est considérable.

La guerre de 1870 l'oblige à quitter Paris. À son retour, il prend la direction de la Gaîté Lyrique (1872) où ses oeuvres sont représentées régulièrement. Mais le temps de l'opéra bouffe est bientôt révolu : en 1876, Offenbach, ruiné, abandonne le théâtre et entreprend une tournée aux Etats-Unis. Ce voyage lui permet de rétablir sa situation. Dans les toutes dernières années de sa vie, le compositeur se tourne vers un autre genre et écrit, sur un livret des frères Barbier, une oeuvre « sérieuse » qui sera créée en 1881 quelques mois après sa mort. Cette pièce reste l'un des chefs-d'oeuvre du XIXe siècle, elle est intitulée : Les Contes d'Hoffmann.

Le caricaturiste génial de la société du Second Empire qui sut s'entourer des talents propres à mettre en valeur son oeuvre (les librettistes Meilhac et Halévy, l'interprète Hortense Schneider) apparaît comme un grand musicien qui donna ses lettres de noblesse à l'opérette. L'héritage de ce genre se prolonge jusqu'à nos jours à travers le succès des comédies musicales.

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